Il était plus de deux heures quand Sara sortit de l'hôpital. Elle était fatiguée, éreintée de cette journée. Après avoir enchainé deux jours de garde, elle avait dû prolonger sa journée avec une intervention arrivée au dernier moment. Cette semaine l'avait épuisée au point d'être à bout de nerfs. Elle avait perdu trois patients en une semaine, c'était la première fois que ça lui arrivait. Elle sortit donc et se dirigea à sa voiture, le regard perdu et ne sachant plus quoi faire. Elle semblait anéantie de ce qu'elle était ; fade, amère, elle n'avait pas le goût de vivre, pas de lueur dans les yeux. Et puis, pour bien l'enfoncer un peu plus encore, elle avait eu une violente dispute avec son père il y a trois jours de cela ...
Elle était vidée de tout. A vingt-neuf ans, sa vie n'était qu'échec sur échec et moments de solitude sur moment de solitude. Elle n'avait personne, mise a par Katie, son amie infirmière depuis plusieurs années depuis qu'elle travaillait dans cette hôpital. Mais elle se disait que ce n'était pas à son amie de faire de sa vie une joie mais à elle-même. Et elle n'y arrivait pas. Rien ne lui donnait envie d'avancer. Comment peut-on avancer quand un propre père considère sa fille unique comme une ratée qui n'a fait qu'engendrer les problèmes et les mauvaises fréquentations ? Mais à regarder sa vie, elle se disait qu'il n'avait pas complètement tort. Elle se surprit même à enfin admettre qu'il avait raison, et rares sont les fois dans sa vie où elle avait eu la même opinion que lui. Alors ce soir, elle se disait que c'était peut-être l'heure d'en finir avec tout sa, de toute façon rien ne la retenait, continuant de conduire tout en versant des larmes elle prit sa décision....
Au même moment, un homme se réveilla en sursaut sur son bureau, surpris de s'être assoupi sur ce projet qu'il avait déjà du mal à peaufiner. Cela faisait des mois qu'il y travaillait, c'était l'un des plus importants projets de cette année, le plus important de la boîte pour laquelle il travaillait et peut-être même le plus important pour sa carrière. Il n'avait pas le droit de se tromper, pas maintenant, pas après les nuit blanches qu'il avait passées sur ses plans.
Se disant qu'il ne tirerait plus rien de son cerveau ce soir, il décida d'arrêter et d'aller prendre l'air sur sa terrasse qui avait une vue parfaite au dessus des nuits de Los Angeles. La tête remplie de questions, il resta là à contempler l'horizon dans la froideur de cette nuit d'hiver. Michael était un homme doux et sympathique, mais que les années avaient aidé à se forger un caractère. Après l'arrestation de son frère, Lincoln, il n'était plus le même homme. Il était déjà quelqu'un qui ne parlait pas beaucoup, seulement en cas de besoin, mais là il s'était recroquevillé sous une carapace et s'était lancé a corps perdu et d'arrache pied dans son travail. Rien ne semblait plus compter à ses yeux pour lui, c'était sa seule garantie à la vie. Malgré un physique plus qu'avantageux, Michael n'était pas du genre à papillonner à droite et à gauche. Au contraire, c'était un célibataire de trente ans qui n'avait qu'une obsession : le boulot et le besoin d'aider les gens.
Au bout de trente minutes, il décida de sortir prendre le volant de sa voiture et de rouler à travers les rues désertes. Après avoir roulé une bonne demi-heure et emprunté des routes et rues inconnues, il s'arrêta à un feu rouge. Durant cette attente, Michael regardait l'horizon. Et quand il tourna la tête à sa gauche, il aperçut une voiture assez mal garée le long d'un trottoir, et aperçut comme une silhouette endormie sur le volant à l'intérieur. Le feu passa au vert. Il commençait à embrayer quand il eut comme un pressentiment concernant cette voiture. Alors, freinant brusquement et mettant les warnings, il descendit de sa voiture pour s'approcher de celle qui avait attiré son attention quelques secondes plus tôt. Arrivé à hauteur des fenêtres, il tapa sur la vitre histoire de réveiller l'endormie. N'ayant aucune réponse, il refrappa un coup, mais toujours rien. Il se décida alors à ouvrir la portière.
- Mademoiselle ? Mademoiselle, ça va ?
Aucune réponse.
Alors, se rapprochant d'elle et la soulevant légèrement, il put constater qu'elle était blanche comme une craie et baignait dans son vomi. Il se rendit soudain compte qu'elle était en pleine overdose.
Qu'en pensez-vous ?